Halte aux allergies!

28 mai 2017
Halte aux allergies!

Un problème de santé publique

Classées 4e maladie chronique mondiale par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les allergies touchent aujourd’hui environ 1 personne sur 5 dans le monde. Plus spécifiquement, approximativement entre 2 et 8 % de la population mondiale souffrirait d’allergies alimentaires, et les enfants seraient trois fois plus touchés que les adultes.

Les allergies sont donc aujourd’hui un véritable problème de santé publique.

Il existe plus d’une centaine d’allergènes susceptibles de provoquer ces réactions allergiques, et ceux-ci se retrouvent aussi bien dehors (pollens, moisissures…), dans les bâtiments (acariens…) que dans nos assiettes (cacahuètes, lait, œufs, soja…) !

Certes mieux diagnostiquées, les allergies sont aujourd’hui également plus nombreuses et les causes de cette augmentation sont multiples. Ce sont en effet des maladies multifactorielles et complexes, favorisées à la fois par des facteurs environnementaux(environnement aseptisé, changement de régime alimentaire) et génétiques (sensibilité familiale, système immunitaire affaibli…).

Une allergie, c’est quoi au juste ?

Une allergie peut survenir à tout moment et à n’importe quel âge. C’est une réaction inappropriée et excessive du système immunitaire, programmé pour protéger notre organisme des éléments « étrangers », du non-soi en somme.

En pratique, une substance étrangère (qu’on qualifie d’allergène) est identifiée à tort comme dangereuse par l’organisme, et est ensuite attaquée par des anticorps pour être neutralisée et éliminée. Ce sont ces anticorps appelés IgE, qui, de par leur action combinée avec certaines cellules du système immunitaire, sont responsables de la libération de molécules inflammatoires provoquant les symptômes que l’on connaît: éruptions cutanées, démangeaisons, éternuements…

Nos animaux de compagnie: sources d’allergènes ?

Et oui ! Les animaux de compagnie sont eux aussi une importante source d’allergènes.

En Europe, environ 25% des ménages ont un chien ou un chat. Le Luxembourg n’échappe pas à la règle, et une étude récente faite auprès de 1689 étudiants de lycée a montré que 66% des élèves avaient un animal de compagnie et parmi eux 24% possédaient un petit mammifère (cobaye, lapin ou hamster par exemple).

Les allergènes des animaux de compagnie, produits pour la majorité par les glandes salivaires, sont présents dans la salive et les urines. Ils sont facilement répartis sur les poils et répandus de cette façon au domicile et l’environnement. Alors que les allergènes de chien et de chat sont déjà bien connus, ceux des petits animaux (cobaye, lapin, hamster…) ne le sont pas, ce qui rend le diagnostic et le traitement de ces allergies difficiles.

Rhinite allergique: sortez les mouchoirs

Le bon air du printemps – ou de l’été – entre dans la maison et tout à coup… une série d’éternuements débute, le nez coule, les yeux pleurent. Ce n’est pas un rhume, ni même un rhume des foins, mais une rhinite allergique saisonnière. La rhinite allergique apparaît généralement entre l’âge de 5 et 20 ans et concerne le plus souvent les garçons. Le contact avec l’allergène se fait via les yeux ou le système respiratoire. C’est pourquoi les principaux signes d’une rhinite allergique sont les éternuements, le nez qui coule ou le larmoiement.

Certaines personnes ont aussi ces signes cliniques:

  • une congestion nasale,
  • des maux de gorge,
  • une voix rauque et de la toux,
  • une altération du goût et/ou de l’odorat, de l’acuité auditive (surtout chez les enfants),
  • une irritation et des rougeurs sur la peau,
  • un gonflement des paupières,
  • des difficultés respiratoires.

Les symptômes de la rhinite allergique engendrent énormément de fatigue. Heureusement, ils disparaissent dès que nous ne sommes plus en contact avec l’allergène.

Eviter les allergènes

Le rôle du médecin généraliste sera de chercher à identifier les allergènes responsables de la rhinite en retraçant l’historique des symptômes et les conditions de leur apparition. Dans certains cas, un test cutané ou sanguin contribuera à les démasquer. Une fois les allergènes connus, l’idéal consiste à prendre des mesures pour ne plus y être exposé – ou le moins possible – afin de prévenir les crises ou de réduire l’aggravation des symptômes. Selon les allergies identifiées, il peut s’agir d’un retrait des moquettes, d’une traque aux moisissures et aux poussières, de l’usage de protections anti-acariens, d’un traitement de désensibilisation, l’aération adéquate du domicile…

Certains médicaments soulagent et atténuent les symptômes de la rhinite: il s’agit notamment des anti-histaminiques ou des corticoïdes locaux (en spray nasal). Les décongestionnants diminuent la congestion nasale, mais ils ne devraient pas être utilisés en continu, et jamais plus de 10 jours d’affilée. Des gouttes pour les yeux sont utiles en cas de conjonctivite allergique.

Si ces traitements sont insuffisants, le médecin généraliste propose parfois une désensibilisation à l’allergène (surtout contre les pollens). Ce traitement consiste à injecter des doses croissantes d’allergènes dans le corps. Il s’étale sur plusieurs années et est efficace dans la moitié des cas.

Quand l’asthme s’en mêle !

Chez certaines personnes, la rhinite allergique peut s’accompagner de crises d’asthme.

L’asthme se manifeste par des difficultés respiratoires plus ou moins sévères telles qu’un essoufflement anormal précoce ou une toux à l’effort, une respiration difficile (surtout à l’expiration) et sifflante, une toux avec expectoration de mucosités. Parfois, seuls une toux et un discret essoufflement prolongés sont présents. Lorsque les symptômes s’aggravent subitement, on parle de crises d’asthme. Celles-ci sont dues à un rétrécissement des voies aériennes en raison d’une réaction inflammatoire anormale, ainsi que d’une hyperactivité des bronches.  La majorité des crises d’asthme ont un lien avec des allergies. Le médecin généraliste réalisera donc souvent un bilan allergique.

Le traitement des crises d’asthme consiste à réduire le rétrécissement des voies respiratoires et leur inflammation.  Il repose sur des aérosols de bronchodilatateurs et d’anti-inflammatoires ainsi que sur des médicaments anti-allergiques.

 

Sources: www.mongeneraliste.be; www.lih.lu; www.woofconseil.com; www.letzbehealthy.lu